Page 13 - Histoire_du_REF_2023
P. 13

5



                      En  1921,  un  « réseau  de  postes  amateurs »  va  voir  le  jour  à  Marseille.  J’ai  la  chance  de
               posséder  une  lettre,  écrite  en  1929,  par  Albert  SAUMON,  qui  deviendra  « 8DA »,  et  qui  était
               initiateur de ce réseau. Je lui laisse la plume : « j’ai retrouvé pas mal de documents, et quelques actes
               de naissance, entre autres ceux de « AIN », de « 8AAA – FPTT » et de l’A.N.F.A. ; toutes choses qui
               méritent  un  intérêt  rétrospectif,  tant  au  point  de  vue  historique  qu’à  cause  des  personnalités
               intéressées.  Certaines  de  ces  personnalités,  telle  que  le  Commandant  BELE  (AIN),  M.  CHANTON
               (8AAA), M. PRADERE (FFM) volontairement restées inconnues de la grande masse, même au début,
               puisque  obligés,  de  part  leurs  fonctions  officielles,  de  laisser  ignorées  leurs  initiative
               d’amateurs… Donc,  il  y  avait  à  Marseille  en  1921,  un  certain  nombre  d’amateurs  de  la  première
               lampe et même de la première galène. Je cite de mémoire, quelques uns des plus remuants : « 3BQ » -
               GAULEY, l’as de la lecture au son ; « 2BN » LASCROUX, l’homme de la première lampe ; « 4FX » -
               COUSTON, et votre serviteur « 1AT », tous mécontents d’entendre toujours la grosse voix du côtier à
               l’étincelle  « FFM »  et  l’arc  asthmatique  du  militaire  « YJ »,  tous  impatients  de  faire  entendre  la
               leur…Tous les soirs, nos quatre noirs jouent du manipulateur, et voilà le premier réseau marseillais,
               en date de l’hiver 1921…
                      Au début de 1922, après pas mal de déboires pour se procurer des lampes, « 1AT » se met en
               tête de faire de la téléphonie. Repéré sur 1200 mètres par « YJ » qui signale à la tour Eiffel « FL »
               qu’il  est  brouillé  par  un  poste  radiophonique  italien  inconnu,  « 1AT »  descend  précipitamment  sa
               longueur d’onde, mais tombe dans l’oreille d’écoute 900/600 mètres de « FFM » lequel est gêné…A
               450 mètres, même désastre…enfin à 400 mètres, « FFM » n’entend plus le poste italien, car pour ne
               pas me faire repérer, « 1AT » ne faisait tourner que des disques italiens…Ainsi en février 1922, le
               réseau est composé de « 2BN », « 3BQ » en ondes amorties et « 4FX », « 1AT » en phonie…
                      Mais  ces  derniers  frisent  la  catastrophe,  en  descendent  sur  300  mètres,  onde  réservée  aux
               chalutiers…Donc  nous  nous  retrouvons  au  final  entre  200/250  mètres…Par  la  suite,  pendant
               l’exposition coloniale de juin 1922, le réseau augmente de « 3AT », poste installé à l’exposition, puis
               de « 4AT », installé dans les locaux du journal « le petit marseillais » et enfin « 2AT » sur le bateau
               promenade « le Saint-Antoine ».. Ce dernier poste travaille officieusement, puis officiellement avec le
               poste de la marine « FFM », en juillet 1922. »
                                                     Se souvenir que le bureau  international de Berne  avait attribué à la
                                              France et à ses colonies et protectorats, les préfixes suivant pour les indicatifs
                                              des stations radios : « F » ; « HOA – HZZ » ; « UAA –UMZ ».
                                                     A  partir  de  là,  les  essais  d’émission  d’amateur  vont
                                              s’intensifier, et chacun s'identifie avec un indicatif personnel de son
                                              choix: on constate que presque tous les nouveaux amateurs utilisent un
                                              " 8 xxx "...signe de l'influence des anciens du 8ème Génie militaire,
                                              parmi les "amateurs", et de leur "esprit de corps".  On trouve le 8ème
                                              Génie  au  Mont  Valérien,  à
                                              Suresnes,  mais  il  est  implanté  à
                                              Tours  et  à  Montpellier;  ses
               extensions le 18ème Génie est à Grenoble, Lille et Nancy; il y a le
               41ème  bataillon  au  Maroc,  le  42ème  dans  l'armée  du  Rhin,  le
               43ème dans l'armée du Levant (Liban) et le 45ème à Alger. Bref, il
               y  a  des  "opérateurs  radios"  du  8ème  Génie  partout...  (Sources:
               "Journal des 8" - n°154 du 23 Juillet 1927, et entretien avec F8BT,
               ex eF8ROR, ex LU3).
   8   9   10   11   12   13   14   15   16   17   18