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Comment ça marche ?

          Radio-club F6KRK
          Les transmissions radio numériques

          8 - L’étalement de spectre (1)

          Après avoir vu le canal de transmission et le canal de propagation, nous allons aborder les
          procédés utilisés pour contrer les effets des évanouissements sélectifs, en commençant par
          l’étalement de spectre par sauts de fréquence.
          PRINCIPE GÉNÉRAL
          Dans l’organisation standard d’un
          réseau de transmission (cas des
          radioamateurs, de la VHF marine, etc.)
          chaque liaison bilatérale occupe un
          canal particulier. Or, pour diverses
          raisons (brouillage, fading sélectif
          stable, etc.) le canal qui nous est
          dévolu peut être « bouché », c’est-à-
          dire inexploitable  . L’étalement de
                          (1)
          spectre permet de contrer ce phéno-
          mène. Il y a deux façons de faire de
          l’étalement de spectre.
          La première utilise la technique du
          « saut de fréquence ». En français
          on parle « d’EVasion de Fréquence »
          (EVF) et les anglo-saxons de « Fre-
          quency Hopping Spread Spectrum »
          (FHSS).
          ETALEMENT DE SPECTRE
          PAR SAUT DE FRÉQUENCE (FHSS)
          Pour comprendre son principe, com-
          mençons par un exemple en trans-
          mission analogique sous forme d’une
          fable radioamateur.
          Prenons 10 opérateurs dans un radio-  Figure 1 : partage du spectre grâce à la technique du saut de fréquence
          club qui veulent faire une liaison
          phonie avec 10 opérateurs d’un autre
          radio-club. Pour cela, ils utilisent
          10 E/R sur 10 canaux BLU consécutifs
          (10 × 3 kHz).
          Si aucun autre OM ne s’installe dans
          la bande des 10 canaux, tout se passe
          bien, tout le monde se comprend.
          Si un malotru vient faire un « tune »
          dans un canal, les pauvres opérateurs
          qui occupent celui-ci vont voir leur
          communication interrompue.
          Alors ? Désolé pour eux ! Ils n’avaient   Figure 2 : exemple de codes longs
          qu’à tirer le bon numéro (de canal)…
          Pour éviter cela, il suffit d’organiser
          autrement le réseau.                Nous voyons bien que si, par exemple,   En effet, le système ne peut fonc-
          Découpons les signaux BF de chaque   le canal n° 3 est QRM, chaque liaison   tionner qu’en réseau car il faut qu’il
          opérateur en tranches de temps      ne sera affectée que le sixième du   soit synchronisé, ce qui nécessite un
          (slots) de 100 ms. Ensuite, chaque   temps, ou le trentième si 30 canaux  .   « maître » du réseau et l’occupation
                                                                            (2)
          émetteur va émettre ses slots en uti-  Alors leur phonie ne sera perturbée   d’un canal dédié. Les codes peuvent
          lisant successivement les dix canaux   qu’un court instant, soit 100 ms toutes   être affectés par le maître à la prise
          par « saut de fréquence ».          les trois secondes (30 canaux).     de COM ou précédemment par un
          Naturellement, le « tour » de chaque   Désagréable, mais pas incompréhen-  autre moyen (distribution de clefs
          émetteur sera déterminé de façon    sible (merveilleux cerveau).        secrètes). Un autre avantage du sys-
          qu’il n’y ait aucune collision (un seul                                 tème  concerne  la  confidentialité.
          émetteur par canal à un instant     Mais tout ceci a un prix.           Celui qui n’a pas la bonne clef ne
          donné). Nous obtenons le diagramme                                      peut rien décoder.
          de la  figure  1 (réseau ramené à 6
          pour simplifier).

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